La saison estivale semble ne pas vouloir tout à fait s’éteindre… Septembre aura malgré tout tamisé son éclat, adouci sa chaleur et peut-être un peu apaisé la frénésie d’une reprise parfois chaotique. Par bonheur, quelques événements très attendus ont somptueusement ponctué cette rentrée de leur riffs endiablés, de leurs rythmiques effrénées ou de douceur acoustique intimiste. En voici un extrait essentiel !
LE LIVE PEPITE DU MOIS : THE AFGHAN WHIGS

The Afghan Whigs, “le secret le mieux gardé du rock des années 90s” et déjà 40 ans d’une carrière remarquable portée par Greg Dulli, frontman dark et charismatique du groupe de rock alternatif de Cincinnati, Ohio.
C’est de nouveau au Trabendo le 27 septembre dernier, soit plus de 11 ans après leur dernier passage, que The Afghan Whigs reviennent enfin nous saluer de leur énergie intense, de leur son puissant, témoignant d’un groupe en grande forme et heureux de partager.
Rapide aparté sur une première partie magnifiquement menée par le talentueux Ed Harcourt : son hommage à Mark Lanegan, avec la reprise du titre “One Way Street” en est une interprétation profondément émouvante, accompagnée du violon de Rick G. Nelson.
La transition est parfaite.
L’écho de feu Lanegan, frère d’armes et des 400 coups de Dulli, résonne encore dans la salle alors que The Afghan Whigs arrivent sur scène et entament leur titre “Parked Outside”. Entrée directe, d’une intensité brute, aggressive telle un cri primal. “If they’ve seen it all, show them something new” assène Dulli dans le premier couplet : le ton est donné.
Le jeu des musiciens qui l’accompagnent est d’une puissance déflagrante : la basse du cofondateur John Crowley est la colonne vertébrale de l’ensemble, lourde, percutante, inspirée. La frappe chirurgicale du batteur Patrick Keeler (cf. les Raconteurs) est d’une énergie organique telle un boulet de canon. Le rock star flair de Christopher Thorn nous enivre d’une slide aux textures sinueuses et de solos incisifs. Le multi-instrumentaliste Rick G. Nelson déploie une singularité sonore indispensable à l’ADN du groupe, avec ses claviers structurés et le lyrisme de son jeu de cordes (violon et violoncelle). Quant à Greg Dulli, son charisme de leader du groupe est toujours aussi habité, passionné, d’une générosité absolue avec sa voix brute et sur le fil, alternant guitare rythmique et piano lyrique.
Porté par une complicité évidente, le groupe fait défiler ses morceaux avec cette ardeur enflammée qu’on leur connaît et intègre 5 titres du dernier album “Soft Control”, tous aussi acclamés que leurs titres phares tels l’hypnotique “Oriole” ou le viscéral “Gentlemen”, et parmi lesquels “Duvateen” cher au coeur de Dulli pour sa métaphore sur la finitude…
The Afghan Whigs clôturent leur set avec le ténébreux et culte “Miles Iz Ded”, en version étirée : lancé tout en douceur, le titre bascule vers une intensité massive alors que les musiciens retrouvent leur fougue électrisante, fusionnant leurs contributions en une déferlante de distorsions lourdes et saturées, avant de finir sur une nappe de sons complètement exaltés.
Je ne sais plus où j’habite, propulsée dans leur univers crépusculaire moite, de rock alternatif brut et de soul sensuelle et tourmentée. C’est… The Afghan Whigs.
L’ALBUM COUP DE COEUR : « SOMETHING WORTH WAITING FOR (EXPANDED EDITION) », FRIKO
L’édition augmentée du second album de Friko “Something Worth Waiting For (Expanded Edition)” sortie le 11 septembre chez ATO Records, vient divinement enrichir la première version de 6 bonus tout aussi teintés de l’atmosphère folk rock qui les caractérise, mêlant du noise rock aux guitares saturées et explosives, à leurs balades symphoniques habitées de poésie enfantine.
Ce quatuor originaire d’Evanston près de Chicago, Illinois, se fait remarquer depuis quelques temps déjà, sillonnant avec ferveur les scènes des festivals et les premières parties de The Flaming Lips ou encore de nos darlings de l’indie rock Modest Mouse, Water From Your Eyes et Black Country, New Road.
L’album est traversé d’une sensibilité à fleur de peau bouleversante, vibrant d’urgence et d’exaltation.
Big shout-out pour cette version étendue avec notamment leur titre “Necessary” !
UN VIDEO CLIP (D)ETONNANT AVEC PSYCHEDELIC PORN CRUMPETS
Le clip vidéo de « Juice a jumbo jet » par les australiens de Psychedelic Porn Crumpets, sorti le 11 septembre 2026, bouscule les codes de la créativité visuelle de son animation hallucinée. Confiée au réalisateur et animateur Mike Wyatt du studio Attack Animation, cette envolée visuelle survoltée et psychédélique illustre précisément l’énergie explosive garage-prog du titre aux allures de bad trip intersidéral. L’image et le son fusionnent dans une symbiose parfaite pour nous plonger dans un vortex hypnotique, créant une expérience synesthésique totale. Buckle up!
L’ACTU A NE PAS MANQUER
Le tant attendu nouvel opus de Beck a enfin atterri dans les bacs ! Le 18 septembre dernier aura marqué le retour folk et mélancolique de l’artiste avec son quinzième album “Ride Lonesome” chez Capitol Records, indirectement annoncé par sa compilation “Everybody’s Gotta Learn Sometime” du début d’année ?
Le californien y partage son expérience du temps qui passe et de la solitude, moteur créatif, dans une atmosphère acoustique intimiste. Ce “heartbreak record” épuré est savamment arrangé et produit par ses fidèles collaborateurs David Campbell et Nigel Godrich, pour une épopée folk vaporeuse et élégante. Sustain infini de la pedal steel, orchestrations de cordes subtiles, textures brumeuses, souffle morose, l’album nous plonge dans la douceur fataliste de l’écorché dont les plaies ont forgé la maturité. Beck, tout un poème… On aime !