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WHAT’S NEW IN INDIE ROCK ? AUG 26

Comme une étoile filante traversant la nuit, la pause estivale nous aura enveloppés de son ardente lumière avant de laisser place à une rentrée qui s’annonce fertile et tumultueuse. Prolongeant cette chaleureuse volupté avant d’éveiller les rituels de septembre, où s’annoncent déjà les transes électriques d’un indie rock live en pleine ferveur, le mois d’août nous a offert ses dernières pépites.

L’ALBUM COUP DE COEUR : « IT GOES ON », WESTSIDE COWBOY

Découverts par hasard en première partie de Black Country, New Road au Casino de Paris en octobre 2025, revus un mois plus tard dans le cadre des soirées Avant-Garde du Pitchfork Musical Festival puis en première partie de Geese à la Cigale en mars 2026, nos oreilles complètement extasiées et le coeur en feu, les mancuniens de Westside Cowboy nous font le plaisir de sortir le 21 août leur premier LP “It Goes On” !
Avec la pure et claire intention de ravir émetteurs et récepteurs de ce nouveau son, le quatuor 2-guitares-basse-batterie anti-écrans, anti-numérique, anti-IA, propose un rock brut, spontané et intuitif, sans chichi.
En live, Westside Cowboy est une invitation à la quête de cette excitation urgente et exaltante de l’adolescence qui découvre, s’enflamme et se passionne.
En studio l’album est plus léché, cohérent, harmonieux, mais non moins riche en entrecroisements de guitares tendues, cinglantes et autres montées d’harmonies vocales ! A écouter d’urgence, avec notamment leur titre d’ouverture “Kick Stones (The Boys)”.

UN VIDEO CLIP (D)ETONNANT AVEC PHOEBE BRIDGERS

Sorti en même temps que son album “Lost Weekend” le 14 août, le clip du single “I Can’t Wait” prend le contre-pied des ballades intimistes et feutrées de l’autrice-compositrice-interprète et guitariste californienne Phoebe Bridgers. Co-réalisé par Chris Maggio et Pablo Rochat, la vidéo propose une vision “bug-eyed” (comme à partir d’un oeil d’insecte) déformée et surréaliste de Los Angeles. Ce traitement visuel étrange et distordu accompagnerait-il une métamorphose musicale de l’artiste ?

LE(S) LIVE(S) PEPITE(S) DU MOIS : ROCK EN SEINE 2026

L’édition 2026 de Rock en Seine a pris fin ce 30 août en ayant réuni 175 000 festivaliers sur 5 jours d’une intensité rare. Entre mosh pits bien trempés et puissance sonore rarement égalée, la programmation résolument rock de cette année a transporté les foules de passionnés portés victorieusement par une énergie transcendantale.

Les médias ont déjà largement débriefé les grands moments de cette édition. Inutile donc d’épiloguer sur le pari réussi de l’ouverture avec le show parfait de Tyler, The Creator, ni sur la prestance impériale de Franz Ferdinand. On ne reviendra pas non plus sur l’efficacité du blues rock moderne des Black Keys, la hargne survoltée d’Amyl & the Sniffers ou l’énergie électrisante de Turnstile qui continue d’injecter avec brio une touche pop-punk à son néo-hardcore. Même constat pour Deftones et son Chino Moreno habité ou pour Mogwai et son post-rock cathartique, épileptique et littéralement envoûtant.
Quant aux deux véritables monuments du festival, le constat reste sans appel. D’un côté, Nick Cave & the Bad Seeds ont délivré une prestation une fois de plus majestueuse, divine et légendaire. De l’autre, The Cure a offert une clôture magistrale de 2h30 : un Robert Smith émouvant, d’une humilité absolue, porté par une section rythmique basse-batterie d’une précision chirurgicale et une setlist qui a mis tout le monde d’accord.

Cette édition aura également offert son lot de jeunes pépites nous prouvant que la relève et l’avenir de la scène indie rock restent bel et bien assurés.

Tout d’abord, salut à Florence Road, ce jeune quatuor féminin irlandais du rock alternatif avec à son actif une mixtape “Fall Back” et un EP “Spring Forward” fraîchement dans les bacs, qui a ouvert le festival jeudi en nous proposant un set plein d’énergie, généreux et récoltant un enthousiasme unanime !

Vendredi, TTSSFU, aka la jeune mancunienne Tasmin Nicole Stephens dont l’héritage familial impressionne (fille du drummer d’AC/DC Jimmy Stephens, petite-fille de Leonard Cohen) et qui a eu la lourde tâche de jouer en simultané de Nick Cave & the Bad Seeds vendredi, a largement tenu sa promesse de jeune autrice-compositrice-interprète du grunge-shoegaze-dream pop ! On a hâte d’écouter la suite…

Et puis au coeur de la journée la plus hard-punk-rock-alternatif-on-fire du festival, les six londoniens d’art-rock Man/Woman/Chainsaw nous ont offert samedi une prestation d’une richesse sonore incroyablement audacieuse et puissante, dans une effervescence chaotique jubilatoire emmenée par une violoniste incandescente. Ils viennent tout juste de sortir leur premier album “Cannonball”, on s’est précipités! 

Quelle mystique expérience que de découvrir les compositions saisissantes de la suédoise Anna von Hausswolff cet après-midi de dimanche aux cieux cléments ! Voix puissante, expressivité incroyable, on s’est volontiers laissé porter par une transe fascinante d’instrus ensorceleuses, happés par la magie du set. Wow. On y retourne !

Terminons avec la très jolie surprise live de Love Spells, menée par le jeune texan nouvellement californien Sir Taegan C’aion Harris dont le romantisme passionné était magnifiquement soutenu par un timbre androgyne propice à la rêverie de cette parenthèse enchantée. Mélodies et guitares langoureuses nous ont plongés dans un univers rock hypnotique et feutré comme nostalgique d’une époque plus douce. “Love is the Law”, s’intitule son premier LP. On ne tergiverse pas.

Merci, Rock en Seine, with Love.