Pochette de ALL INSIDE AQUARIUM de BODEGA

BODEGA

ALL INSIDE AQUARIUM

Some proper rock!

Chrysalis Records Rock Alternatif 2026

NYC strikes again! C’est un peu plus de trois semaines après le feu d’un concert passionnément électrisant et délicieusement intime au Pop Up du Label que le quintet brooklynois de BODEGA sort un quatrième album studio chez Chrysalis Records, le 9 octobre pour être précise.

A la suite de “Rot in Helvetica” sorti en 2025 sous l’appellation de NODEGA, le Mister Hyde hardcore du groupe, “All Inside Aquarium” marque un vrai tournant discographique de ceux dont le nom rend hommage au film The Birds (1963) se déroulant dans la bourgade fictive de Bodega Bay. Ou bien est-ce un hommage aux épiceries Bodegas new-yorkaises ?

Anyway, “We decided to make proper rock without the ‘indie’ modifier and do things that are out of vogue in the current landscape, such as coupling open-hearted lyrics with technical guitar solos”, livrent-ils. “The first rock music I really fell in love with was ‘90s alternative rock” ajoute leur frontman voix / guitare Ben Hozie. Laissent-ils ici de côté leur post-punk art-rock au service d’une critique sociale non moins percutante, pour une écriture plus psychologique et un retour à leurs premières amours musicales ? Hmm… nous sommes tout ouïe !

L’album est enregistré dans une église désaffectée de Leeds au UK sous la direction du producteur Matt Peel (Yard Act, W H Lung, Kaiser Chiefs, …) et mixé à Brighton par Theo Verney (English Teacher, Lime Garden, Deadletter, …). A la différence des albums précédents, ce quatrième opus est donc enregistré ailleurs qu’à New-York : prise de recul pour sortir d’un bocal dont l’air se fait trop rare ?

On démarre avec le titre éponyme “All Inside Aquarium”, hymne justement existentiel avec cette métaphore évoquant le sentiment d’enfermement et la résilience nécessaire pour retrouver une lucidité constructive face aux épreuves de notre époque, soutenu par une rythmique basse-batterie tendue mais des guitares plus fluides et enveloppantes que de coutume. Le titre garde le dialogue vocal signature de Ben Hozie et Nikki Belfiglio tout en installant une atmosphère hypnotique propice à l’introspection incisive. On savoure cette nouvelle texture aquatique tendance psychédélique !

Puis l’album propose “Weather Me”, retour de Nikki en lead vocal attitude-esque avec ce titre énergique dont l’ouverture rappelle l’urgence et la tension nerveuse de leurs débuts, pour rapidement s’éloigner du son post-punk et mettre en avant de chaleureuses guitares et un refrain entêtant aux influences rock alternatif des ‘90s. Le virage stylistique est pris.

“Literary World” est le titre le plus didactique de l’album : “c’est un morceau plutôt enjoué, mais il parle en réalité du fait que ce qui nous manque, ce n’est pas la conscience politique… mais la conscience littéraire ou poétique”, partage Ben. La rythmique hybride avec ses drum samples, les guitares claires et scintillantes et le son mélodique et aérien de ce morceau-manifeste illuminent avec ferveur la revendication ouverte du groupe pour la dignité et la liberté de penser des artistes en général. Le groupe n’a rien perdu de sa verve ni de son regard acéré sur la société.

Le second single sorti en juin, “Pick Up the Check”, conserve le sarcasme emblématique du groupe pour évoquer la nécessité de sortir des carcans de pensée imposés par la société, sur un rock alternatif tendu et direct imprégné de l’arrogance de la scène anglaise fin ‘80s / début ‘90s : le cinquième titre de l’album est la pure représentation d’un groupe qui a transformé sa rage brute en efficacité rock redoutable.

Un dernier éclairage sur la “fausse” cover du titre “Slow Train” de Bob Dylan, dont BODEGA reprend les paroles pour sa résonance politique et sociale très actuelle, mais réécrit entièrement la composition instrumentale. Au mid-tempo blues de 1979 se substitue un rock alternatif à l’allure vive et aux guitares saturées, qui à l’origine était un crash-test technique pour apprécier la sonorité de cette nouvelle esthétique rock dans le studio de Matt Peel. Le test fait l’unanimité, it’s a keeper!

Bref, “All Inside Aquarium” est un album témoignant d’une transformation réussie du groupe, ayant su délaisser la raideur anguleuse du post-punk new-yorkais pour embrasser une instru rock alternatif plus mélodique, sans perdre son identité de songwriting profondément punk.

Big up, BODEGA!